Au pays des géants

Nous montons un peu plus à chaque jour vers le nord de la Californie. Petit arrêt à Fresno pour se ravitailler et y passer quelques jours. Il fait chaud sans bon sens ! On avait la folle impression qu’en sortant du désert, on aurait droit à des températures plus tolérables,,, ben non ! Il fait généralement 43 degrés celcius avec un facteur d’humidité (ce qui n’existait pas dans le désert). Les nuits sont difficiles car on couche un peu partout en boondocking donc on est en mode autonomie ce qui veut dire qu’on ne fait pas fonctionner la climatisation très longtemps. Mais bon, il y a pire dans la vie ! On plafonne un peu en attendant le moment d’aller voir les séquoias. Comme je voulais être sûre d’avoir un endroit pour passer le 4 juillet, on a réservé à l’avance trois nuits au Princess Campgroung (https://www.recreation.gov/camping/princess/r/campgroundDetails.do?contractCode=NRSO&parkId=71548) dans le National Sequoia Forest.  

Même les pissenlits sont géants !

Enfin, le jour J est arrivé ! On saute de joie ! La forêt, la fraîcheur et la verdure ! Yahou !! Le jour du départ, comme tous les autres jours, il fait chaud à mourir. Toutefois, on doit monter jusqu’à 7 000 pieds d’altitude dans la montagne pour accéder au camping. Le motorisé n’est pas très chaud à ces rides infernales – pour faire un mauvais jeu de mots. On doit s’arrêter régulièrement sur le bas côté pour le faire souffler un peu et faire partir la ventilation afin de faire descendre la température du moteur. On jurerait que c’est le chauffage qui souffle sur Dominic et moi. On agonise. Les bouteilles d’eau se succèdent à un rythme effréné ! Sans parler du stress de savoir si le motorisé ne nous claquera pas dans les mains et nous de revivre 4 jours sur le bord de la route ! Been there, done that! Non merci !

Le paysage est magnifique ! On voit des orangeraies à vue d’oiseau, les montagnes en arrière plan, le soleil et le ciel d’un bleu pur et sans nuage. La route est sinueuse comme dans les pubs de voiture. Le tableau est juste parfait !

Le gps nous amène à un moment donné à tourner à gauche. On le suit docilement. On s’engage sur une route de terre. Bon, on n’en fait pas de cas. Parfois, certains parcs nationaux sont plus rustiques que d’autres. On poursuit. Le chemin devient de plus en plus étroit, inégal. Ça brasse. Des branches, des trous, des roches. On commence à douter sincèrement qu’il y a un camping au bout de cette route et surtout qu’il soit accessible aux motorisés. On consulte encore le gps qui, selon lui, indique le bon chemin. C’est toujours bien pas un Jeep qu’on a mais on continue un peu plus loin. Définitivement pas un chemin de vr : ça tourne à 90 degrés, c’est étroit et il y a un précipice juste à côté. C’est là qu’on s’arrête !  Notre bonne étoile nous offre justement un petit accotement pour nous permettre de reculer. Après 5 minutes d’efforts, on rebrousse chemin et on retourne d’où on vient. En reprenant le chemin principale, on voit la pancarte qui indiquait qu’il s’agissait d’une trail de tout-terrain ! Et misère !

La belle « trail » de tout terrain !

Le motorisé s’essouffle. On le laisse se reposer sur le bord de la route. On commence à trouver le temps long, on a hâte d’arriver… en un seul morceau ! Finalement le jeu en valait la chandelle ! Arrivé au Princess Campground qui est à 5 900 pieds d’altitude (et oui, monté jusqu’à 7 000 pieds pour redescendre après) et situé dans la prairie du Indian Bassin Grove, l’endroit est magnifique ! Les terrains n’offrent ni électricité ni eau (des points d’eau potable sont disponibles sur le site pour remplir nos contenants) et il y a des toilettes sèches à plusieurs endroits. Sur chaque site, il y a des boîtes de métal mises à la disposition des campeurs pour y ranger la nourriture et tout ce qui pourrait attirer les ours. Toutefois, ça fait plus de deux ans qu’il n’en ont pas vu dans les parages.

Sur une souche de séquoia près du camping.

C’est calme et paisible. L’air est frais. Il y a d’énormes souches de séquoia où on peut y grimper. Ces arbres ont été coupé il y a cent ans. Raphie et Romy jouent à personnifier Julia Butterfly Hill, cette militante écologiste qui était demeurée dans séquoia, sur une plateforme de 1,8 m, pendant 738 jours pour sauver la forêt de séquoias des coupes d’une compagnie forestière en 1997. Elles ont installé un seau attaché à une corde à danser et elles remontent les collations qu’on met dedans !

Sentiers d’interprétation près du camping.

On est vraiment bien. On prend le temps de savourer toute cette beauté qui nous entoure. On fabrique une maison de fée avec tout ce qu’on peut trouver dans le bois : écorce, cônes de pin géants et de séquoia, épines de sapin, branches et un peu de ficelle. On lui fabrique une chaise, un lit, une balançoire, bref tout pour son confort. Avec un peu de chance, on attirera peut-être la fée pirate durant la nuit. Et je crois qu’on a fait de l’excellent travail (tout une après-midi à bricoler) car le lendemain on a vu la poudre magique de fée étinceler sur ses nouvelles installations. 🙂

La maison de fée en attendant sa venue !

Comme ça fait plusieurs jours qu’on est en cavale un peu partout, on prend le temps de se poser. On ira voir les séquoias géants la journée de notre départ. Ils sont dans une autre partie du parc. On s’imprègne des bonnes vibes de la place. Méditation sur une souche de séquoia (un autre check sur la bucket list !), randonnées dans les sentiers d’interprétation situés dans la prairie près camping. C’est si apaisant. Pour ceux qui voudrait y aller, on peut aussi se rendre au Hume Lake où on peut y pêcher, pratiquer le vélo de montagne et l’escalade et utiliser tout équipement nautique sans moteur.

On fait un feu de camp à tous les soirs. Enfin, on a un foyer sur notre site. Je n’ai jamais fait autant de camping sans faire de feu de camp. Beaucoup de camping ne les permettent pas sinon ils offrent des aire communes pour en faire. On en profite ! Je crois que c’est le seul endroit que je connaisse où on peut ramasser le bois par terre quand ils vendent des cordes de bois à 8 $ ! On a même pu faire voler notre drône ! Disons qu’ils ne sont pas rigides avec les règlements.

Merveilleux feu de camp !

Le lendemain, c’est la fête des Américains. on sort notre bbq, nos cupcakes trois couleurs et nos bracelets lumineux. Happy 4th of July ! On passe une belle soirée à jaser autour du feu et se promener dans le camping pour voir les célébrations de nos voisins. C’est la joie partout !

Même si on s’est couché tard la veille, on se lève tôt pour se préparer à aller voir ces arbres géants. Dehors ça sent bon le feu, nos voisins sont assis autour et discutent doucement. L’air est frais et je bois mon café. Doux matin. Tout est calme. Je voudrais tout faire en même temps : méditer, prendre du café, me promener, savourer le calme et la fraîcheur assise devant un bon feu. Bref, je n’ai juste pas envie de partir. C’est si ressourçant ici.

Finalement, on se rend pour voir ces matodontes (https://www.nps.gov/seki/index.htm). On est arrivé assez tôt pour pouvoir y stationner le motorisé dans la section réservée au vr qui n’est pas très grande. On suit le sentier interprétatif et, à mon grand bonheur, on a droit à toutes sortes d’anecdotes et d’information sur ces arbres. C’est majestueux. On se sent tout petit devant eux. C’est fou comme un arbre de cette stature peut évoquer la force, la sérénité, la longévité, la solidité et sagesse. On dirait qu’on rencontre un vieux sage qui aurait tellement d’histoires à nous raconter et de leçons à nous enseigner.

On est bien petit devant ces géants !

Inscriptions d’époque à l’intérieur du tronc.

On rencontre François et Solange, un couple de Québécois qui est sur la route depuis un mois. Que c’est doux à nos oreilles d’entendre le français de chez nous ! Ils sont super sympathiques. On échange nos histoires et anecdotes de voyages.

Après une pause pour dîner, on retourne terminer notre parcours. On traverse un tronc complètement vidé, comme un tunnel, qui a autrefois abrité des bûcherons et même les chevaux de la police montée. On peut même encore voir les gravures des noms ainsi que des dates dans le bois.

La visite s’achève, on sait tous qu’on retourne dans le four en bas de la montagne. On serait resté encore et encore mais comme on n’a pas de signal cellulaire ni de wifi, on ne peut rester. La descente est aussi stressante que la montée. Qui ne surchauffe pas descendra vite ! On est sur les freins tout le long et les tournants sont aussi abruptes qu’à la montée. Fiou, on en a pour notre argent ! Arrivé en bas, on s’arrête à un kiosque de fruit et on prend un sac de pêches, de prunes et de pêches blanches. Jamais mangé de fruits si savoureux. Un vrai régal directement du verger !

Les plantations d’oranges en en bas de la montagne.

Le séjour s’achève. On s’arrête à Fresno pour y dormir et on reprendra la route en direction de Inversess près de San Francisco où l’amie de Dominic, Nini, nous attend pour une crème glacée. On devait faire une balade en voilier sur la baie de San Francisco mais les conditions de navigation ne sont pas favorables, alors on ira faire connaissance autour d’un bon sundae. Ainsi va la vie !

À bientôt,

Anne-Marie 🙂

 

4 Comments

  1. Normande sur juillet 18, 2018 à 7:37

    C’est magnifique le périple que vient de me faire vivre ta narration chère Anne-Marie ! Je me sentais vraiment en voyage. J’ai pu ressentir chaque courbe, j’ai visité chaque endroit avec vous, j’ai respiré le bon air de la forêt et l’odeur du feu… j’ai même eu un peu peur dans le chemin pour tout-terrain et surtout en redescendant de la montagne. Tu sais vraiment nous faire vivre des émotions fortes. Merci pour tes beaux partages. J’adore te lire 😍

    • Anne-Marie Côté sur juillet 18, 2018 à 8:13

      Wow ! Merci beaucoup !! J’ai vraiment atteint mon but ! Pas toujours facile de mettre en mots ce qu’on voit et on ressent mais si vous avez eu l’impression d’y être alors je ne suis pas passée à côté ! À très bientôt !! 🙂 xx

  2. Sylvie Pierrôt sur juillet 25, 2018 à 11:53

    Incroyable cette route avec un gros VR! Vertigineux, vraiment! Ça fait tellement de bien de se retrouver dans la nature et s’y connecter! Beau récit!

    • Anne-Marie Côté sur juillet 26, 2018 à 3:02

      C’est vraiment merveilleux comme endroit, d’autant plus que l’histoire derrière tout ça est des plus intéressante ! Vraiment un endroit à découvrir et redécouvrir ! 🙂

Laissez un commentaire