Vacances au Valley View Auto Repair Resort

Quand la vie t’impose un arrêt, une pause, faut savoir l’écouter. On ne sait pas toujours pourquoi c’est nécessaire mais j’ai pour mon dire que rien n’arrive pour rien. C’est ainsi qu’on a atterri à Ashland, Oregon par un beau dimanche après-midi.

On avait filé d’Yreka après avoir plié la dernière paire de bas à la buanderie. Le temps était nuageux. On avait eu droit à quelques averses doublées de tonnerre et d’éclairs – qui ont d’ailleurs allumés 70 feux de forêts dans la région ! On était aussi excité qu’à notre première neige de l’année ! De la pluie !! Ça faisait 3 mois qu’on en avait pas vu ! On avait traversé de peine et de misère le mont Ashland, arrêtant régulièrement pour faire souffler le motorisé qui surchauffait. Finalement arrivé à la ville d’Ashland, on s’est rangé dans le stationnement d’une clinique de physiothérapie, fermée ce jour-là. Qu’est-ce qu’on fait ? Et surtout, où va-t-on ? On fouille le net et on trouve un garage, ouvert le dimanche ! On lève les voiles rapidement car on a 15 minutes pour se rendre avant la fermeture.

Valley View Auto Repair Resort !

Cahin-caha, on s’arrête au premier garage qu’on voit : Valley View Auto Repair. Pas celui qu’on cherchait mais c’est mieux. Il ferme à 18h. Myles prend tout de suite le motorisé en charge. Myles, le baba cool des mécanos ! Gentil, zen (tsé quand un mécano fait un test de liquide et te dit qu’il faut que ça soit bleu, la couleur de la méditation, tu sais que t’as un spécimen rare !) et professionnel. Il nous explique tout ce qu’il fait de A à Z. C’est clair et précis, et ma foi, à mon grand étonnement, super intéressant !

Myles et George

Comme on nage en plein mystère, les tests étant peu concluants, on est invité à passer la nuit au garage et on nous fournit l’eau et l’électricité.  On est stationné à une extrémité du garage, donc on peut ouvrir les slid out, sortir des chaises sans pour autant s’étendre et envahir leur espace de travail.  C’est aussi sécuritaire puisque les pompes à essences sont ouvertes 24 h et qu’un pompiste est sur place.

Le lendemain se résume à des tests et des road test. Résultat: tout semble être rentré dans l’ordre. On fait des bye-bye, prend des photos avec les gars qui ont été d’une grande gentillesse. Tut ! Tut ! fait le motorisé de son klaxon. On arpente la Dead Indian Trail, magnifique route dans les montagnes. Et boom ! Le vr surchauffe. On s’arrête, ça bouillonne, ça déborde, ça décourage un peu. De retour au bercail après trente minutes sur la route, à la grande surprise de tous. Myles reprend son enquête et travaille à découvrir le mystère. La journée passe et on ne trouve toujours pas. Deuxième nuit au garage.

Une p’tite shot d’eau mon Ugo ?

Mardi matin, le roi, sa femme et ses princesses sont venus voir Myles pour lui serrer la pince. Comme il n’était pas là, un mécano leur dit, puisque c’est comme ça, je prendrai la relève ! C’est sur cet air joyeux que débuta la journée. Comme c’était fort occupé, Dr. Jeremiah est venu voir son patient en milieu d’après-midi. Encore une fois, tout semblait en ordre : aucune fuite dans le système de refroidissement. Road test : même résultat, ça bouillonne, ça déborde. (Attention aux puristes, je vais sortir mon meilleur franglais !) On commence à penser que c’est à cause que la fan n’a pas de shroud sur le casing. Attaboy ! On pourrait dire que la soucoupe du ventilateur situé dans le moteur n’a pas d’enveloppe, donc l’air n’est pas concentrée sur le moteur, et de ce fait, ne le refroidit pas de façon appropriée. Nailed it ! 😉

La garage n’a pas la pièce en main, on doit la commander et elle arrivera jeudi dans le courant de la journée. Georges nous emmène en ville avec la navette pour faire un arrêt à l’épicerie et nous ramène à bon port. Troisième nuit au garage.

Les beautés de la Dead Indian Trail.

Mercredi. La matinée est fraîche, j’en profite pour cuisiner avant que la chaleur de la journée ne s’installe. Raphie et Romy préparent un spectacle de percussion avec mes chaudrons et mes cuillères de bois. C’est la totale : costumes, billets de concert, elles ont pensé à tout ! On n’a pas vraiment envie d’aller faire un tour en ville. Il fait très chaud : 37 degrés avec un ressenti 42 degrés. On préfère vivement la fraîcheur de la climatisation. La journée passe tranquillement et on commence définitivement à avoir hâte au lendemain. Quatrième nuit au garage.

Jeudi. Jour J. Il est 11h et on n’a pas encore reçu la pièce. Le filles et moi décidons d’aller se promener en ville. Léanne a établi un itinéraire de boutique vintage qu’elle veut aller voir. Lee vient nous reconduire. On arpente les rues. C’est vraiment une belle ville : beaucoup de  boutiques, salon de thé, resto. Très agréable d’y flâner. On trouve un salon de coiffure et j’en profite pour me faire couper les cheveux – mes talents sont assez limités en la matière et mon clipper ne peut plus suivre mes inspirations ! Il fait bon, le soleil et le vent sont de la partie, c’est vraiment une belle journée d’été. On sent les même vibes qu’à Shasta, les gens sont très relax. Toujours cette influence peace & love qui plane. Des explorateurs marchent dans la rue, torse nu, bâtons de marche et sac au dos. On croise un homme vêtu d’un pagne tie dye réparer son vélo à côté de son vieux motorisé. On croirait entendre If you’re going to San Francisco (be sure to wear some flower in your hair) en musique de fond. Moi qui trippe sur cette époque, je suis aux anges !

À la belle étoile au garage !

Lee vient nous chercher au Starbuck vers 16h30. Les gars sont en train de poser la pièce. On fait un test final en empruntant la Dead Indian Trail. Ça passe ou ça casse. Come on Ugo (c’est son surnom), t’es capable ! Ugo passe le test haut la main ! Jamais roulé aussi bien, l’aiguille du cadran confortablement installée dans sa zone de fraîcheur. Yesssss !!!

Avec tout ça, il est rendu 18h45. Un peu tard pour reprendre la route. Vince nous offre de rester pour la nuit. Tout le monde est heureux, demain c’est le départ ! Le chat profite de cette dernière soirée au Valley View Auto Repair Resort pour s’évader dans la nature. On cherche le mosus de félin pendant une heure pour finalement le trouver dans les arbustes à l’autre bout du stationnement du Comfort Inn, voisin du garage. Revenues de leurs émotions, les filles sont couchent et on ferme les lumières pour de bon. Cinquième nuit au garage.

Sundaes et milkshakes chez Big Al !

Vendredi !  Oui, oui ! On part enfin. Je suis debout depuis 6h45. Après 2 cafés, je trépigne littéralement ! Je fais un peu de bruit pour tirer tout le monde de leur sommeil. On règle la facture, Myles nous règle ça à l’amiable car “you know, with your family it was not labor but love” pour reprendre ses paroles – qu’est-ce que je vous avais dit, cool à la puissance dix! Après les tut ! tut ! d’usage, on attaque l’asphalte. Direction Portland, Oregon. On roule sur l’autoroute 5. Ugo passe le test ultime : une côte qui l’aurait tué sans les bons soins de l’équipe médicale du Valley View Hospital. Bingo ! Bango !

Oui monsieur ! C’est ce matin qu’on part !!

On a le coeur léger. Je ne sais toujours pas pourquoi on a eu cette vacance forcée ni ce qu’on avait à y apprendre mais une chose est sûre, je reprend la route avec confiance et légèreté, prête à accueillir ce que l’aventure nous fera vivre !

Peace !

Anne-Marie 🙂

 

8 Comments

  1. Linda sur juillet 21, 2018 à 1:28

    Wow….what an experience. You are finding amazing people along your journey. Was sleeping in a garage on your bucket list? Lol….didn’t think so but now that adventure is behind you.

    Love and sunshine,
    Linda

    • Anne-Marie Côté sur juillet 21, 2018 à 1:41

      Hahaha ! Not really ! Don’t know yet what was the lesson behind all this, but I can assure you that I feel that a new chapter of this journey as open up before us ! It had to be a garage, what else could have stopped us for a whole week ! 😉

  2. Normande sur juillet 21, 2018 à 2:46

    Chère Anne-Marie, un autre récit d’aventure fantastique !!! Tellement bien raconté, je me serais crue en train de lire le meilleur des livres ! Que de péripéties ; n’importe qui aurait été découragé, aurait crié au meurtre, mais vous, vous acceptez et savez en tirer le meilleur parti. Après un tel voyage, plus rien ne vous perturbera, vous saurez prendre les choses du bon côté (bien que vous l’ayez toujours su, mais là avec encore plus de sérénité). Très belles photos également !

    Merci pour cet autre beau chapitre de votre Trip de famille ! Au plaisir de te lire encore bientôt !!! 😘😘

    • Anne-Marie Côté sur juillet 21, 2018 à 4:03

      On a tellement été bien traité à ce garage qu’il aurait été difficile de se fâcher. C’était du boondocking avec services ! De plus, on avait une navette pour nous voyager en ville ce qu’on n’a pas dans un camping. Il y avait même un petit kiosque de bleuets et de cerises de l’autre côté de la route qui étaient absolument succulents !!! On aurait pu tomber sur pire mais je crois que quand on est positif, on dirait que le « mieux » des situations se produit! À très bientôt ! xxxx

  3. Sylvie Pierrôt sur juillet 25, 2018 à 12:13

    WOW! Du bon monde, vraiment! Comme on dit, ça fait des aventures à raconter!

    • Anne-Marie Côté sur juillet 26, 2018 à 2:50

      Tout à fait, c’est les anecdotes qui rendent le voyage intéressant ! 🙂

  4. Sylvie Pierrôt sur juillet 31, 2018 à 11:53

    Salut, c’est Pierrôt qui recommence à vous lire avec joie. Je me doutais bien qu’il devait s’agir d’une niaiserie; après tout, c’est fait pour rouler ces engins là !!! Mais qui est donc le nono qui avait enlever le shroud (bravo c’était le bon terme). Probablement un quelqu’un qui trouvait qu’il ne chauffait pas assez lors d’un hiver frisquet au Texas, mystère et boule de bowling (j’aime pas la gomme) ! Salutations aux princesses sans oublier le chat. Au cas où vous l’ignoreriez, on a perdu nos deux voyageuses à quatre pattes à un mois d’intervale, elles nous manquent énormément. Bon, je continue ma lecture.

    • Anne-Marie Côté sur août 1, 2018 à 1:44

      Oh ! Je suis désolée d’apprendre ça. On les aime nos petites (et grosses) bêtes ! Elles font partie de la famille et c’est toujours difficile de s’en séparer. On pense à vous !
      En tout cas, depuis qu’on a fait poser le « casing » tout va comme sur des roulettes. On a défié la machine avec des pentes assez longues et abruptes merci et elle roule comme un neuve ! Au moins on est en paix avec la facture puisqu’on n’a plus d’inquiétude à ce sujet. Quand les seuls soucis que t’as c’est de trouver où coucher, le voyage se passe bien 🙂

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